Archives et crassiers: pour une poésie documentaire en zone industrielle

Existe-t-il un lien à tisser entre la boue rouge – résidu de la production d’aluminimum – et la littérature grise ?  

Dans ce nouveau Webinaire des jeunes chercheur.se.s de l’ISE, l’institut accueille Audrey Grandchamp, étudiante à la maîtrise en recherche-création littéraire. Elle nous invite à plonger dans les humanités environnementales et la création littéraire pour aborder de nouveaux rapports à la matière où les résidus industriels ou la documentation scientifique, bureaucratique ou technique peuvent être appréhendés aux prismes de la critique et de la création.  

Un rendez-vous à ne pas manquer pour explorer le poétique et l’environnement! 

📌Lieu : En ligne (Zoom)
⌚ Quand : le mardi 31 mars 2025, 12h30-14h00 
👉 Plus de détails : https://ise.uqam.ca/babillard/31-mars-webinaire-des-jeunes-chercheur-se-s-avec-audrey-grandchamp/
👉 Inscrivez-vous : https://uqam.zoom.us/meeting/register/iO37eW-iQEi-bAbeQjA0Jw  

À propos du Webinaire 

Cette présentation s’inscrit dans le sillage des humanités environnementales et portera sur ma démarche de recherche-création autour du potentiel esthétique de la boue rouge, un résidu industriel « ultime » (Harpet, 1999) issu de la production d’aluminium.  Audrey Grandchamp abordera d’abord les médiations (surveillance des crassiers, privatisation des fonds archivistiques, tabou de la saleté) qui font obstacles à l’expérience immédiate de l’objet poétique, lequel se trouve sous-représenté de par sa toxicité biophysique et symbolique. Les enjeux inhérents à la gestion par invisibilisation du déchet (mise en périphérie, surveillance des parcs à résidus), seront développés pour montrer qu’on accède surtout à la boue rouge par l’entremise de littérature grise (documentation scientifique, technique, bureaucratique).  En effet, c’est à travers une quantité limitée de documents souvent confiés aux fonds archivistiques privés de grands consortiums qu’opère la rencontre avec la matière. Dans cette présentation, la jeune chercheuse propose qu’un rapprochement entre les modes de gestions de résidus industriels « ultimes », non-revalorisable, et la gestion d’archives « grises », très peu lues ou consultées, permet de développer une esthétique détritique nouvelle, fondée sur une approche littérature-science. Le recours à une pratique subversive du caviardage, du collage et d’autres opérations de déplacements (Hanna, 2010, Leibovici, 2020) favorise une pratique créatrice qui entre en dialogue critique avec ses propres sources d’information (Bloomfield et Zenetti, 2012 ; Zenetti 2017). Ces gestes de recompositions documentaires seront envisagés comme moyens de resémiotiser (Iedema, 2003) la matière résiduelle, et les documents qui en font état.  

À propos d’Audrey Grandchamp 

Audrey Grandchamp envisage la poésie documentaire comme une voie d’investigation et d’expérimentation qui puisse mettre au défi notre rapport à des matières insolites et précaires, que ce soit à travers des projets solo ou des collaborations interdisciplinaires. Elle complète actuellement une maîtrise en recherche-création littéraire à l’UQAM, qui porte sur le potentiel esthétique des déchets résiduels issus de la production industrielle. Certaines de ses contributions ont été présentées dans des revues comme Zone Occupée, Espace art actuel ainsi que lors d’expositions à la Charpente des fauves, à l’édition 2025 de la Nuit de la poésie de Montréal et ailleurs.

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mardi 31 mars 2026
12 h 30 à 14 h

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UQAM - En ligne
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