Anahita Norouzi. Rift

Une coproduction de la Galerie de l’UQAM et du Musée d’art de Joliette présentée en deux volets à l’automne 2026, et mise en circulation à la Galerie UQO (Gatineau, 2027) et à VOART (Val-d’Or, 2028).

Commissaires : Ariane De Blois, Louise DéryArtiste : Anahita Norouzi

6 novembre 2026 - 16 janvier 2027Vernissage : 5 novembre 2026, 17 h 30

La Galerie de l’UQAM et le Musée d’art de Joliette s’associent pour présenter Anahita Norouzi. Rift. En plongeant dans les entrailles de l’histoire pétrolière en Iran, Anahita Norouzi révèle la fracture laissée par l’extraction et fait surgir, de ses ruines, la possibilité d’un autre avenir. Conçue en six chapitres (I et II au Musée d’art de Joliette du 3 octobre 2026 au 10 janvier 2027 ; III, IV, V et VI à la Galerie de l’UQAM, du 6 novembre 2026 au 16 janvier 2027), l’exposition est composée d’imposantes projections filmiques et d’installations sculpturales inédites. Elle invite le public à interroger les promesses de la transition énergétique et les persistances du pouvoir colonial et à réinventer les imaginaires pour repenser le rapport aux ressources, à la consommation et au vivant. 

« Comment jardiner dans les ruines des empires comme un geste tourné vers l’avenir ? » Cette question posée par Anahita Norouzi traverse Rift.

Le titre évoque une dépression, voire une déchirure dans l’écorce terrestre : le passé, telle une faille active, continue d’imprégner le présent. Prenant pour point de départ l’exploitation pétrolière dans le sud-ouest de l’Iran, l’exposition explore comment, sous couvert de « progrès », l’extraction du pétrole a abîmé le territoire, le transformant en un espace spectral marqué par la dépossession et par les ruines écologiques. Anahita Norouzi engage ainsi une démarche de « contre-prospection », en sondant à rebours un vaste corpus d’archives (films, photographies, cartes postales et livres) lié au gisement pétrolier de Masjed Soleyman et à la raffinerie d’Abadan, afin d’en exhumer quelques strates cachées. D’une œuvre à l’autre, l’artiste met en lumière de quelles façons les infrastructures pétrolières et culturelles (comme le cinéma) ont conjointement été déployées sur le sol iranien pour inféoder les corps et les esprits de la population.

Plusieurs motifs — la ruine, le pipeline, le feu et l’eau — imprègnent l’exposition : la ruine comme vestige d’une promesse de progrès restée sans lendemain, le pipeline comme réseau qui relie et divise à la fois, le feu comme force qu’on ne maîtrise jamais tout à fait et finalement l’eau, à la fois condition de survie et sueur s’écoulant des corps.« Bien qu’ancrée dans un contexte historique et géopolitique particulier, Rift trouve un écho troublant à l’ère actuelle, marquée par la montée des impérialismes, la poursuite ininterrompue de l’extraction des ressources, l’effondrement écologique et la fabrication d’images au service du pouvoir. Face à ces temps sombres, Rift invite à défaire les récits de domination, à remonter le temps à la recherche de cosmogonies nouvelles permettant de concevoir différents alignements entre corps, territoires et images. » — Ariane De Blois et Louise Déry, commissaires de l’exposition.

Le projet sera mis en circulation à la Galerie UQO (Gatineau, 2027), à VOART (Val-d’Or, 2028) et au Contemporary Calgary (Alberta, 2030).

À propos de l’artiste

Anahita Norouzi est une artiste multidisciplinaire qui travaille entre Téhéran et Montréal. Sa pratique est ancrée dans la recherche et explore l’imbrication des histoires coloniales, l’extraction et les relations humaines avec la terre. À travers la vidéo, la sculpture, l’installation et la photographie, son travail remet en question l’autorité institutionnelle en se réappropriant les récits personnels et les mémoires collectives inscrits dans les archives, les collections muséales et les planches d’herbier. Elle interroge ainsi comment les mécanismes du pouvoir s’exercent à travers les systèmes de classification, de représentation et d’effacement de l’histoire. Son travail a été présenté au Canada et à l’international, notamment au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée d’art contemporain de Montréal, au Musée royal de l’Ontario, au Ashmolean Museum et à la Villa Médicis. Elle est lauréate du Prix en art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec et finaliste du Prix Sobey pour les arts en 2023. En 2026, elle a été résidente à la Jan van Eyck Academie aux Pays-Bas.

anahitanorouzi.com

À propos des commissaires

Détentrice d’un doctorat en histoire de l’art de l’Université McGill, Ariane De Blois est conservatrice des collections et des expositions au Musée d’art de Joliette. De 2020 à 2024, elle a assuré la direction artistique et éditoriale du centre d’exposition Plein sud art actuel. Elle a signé plus d’une vingtaine de projets d’exposition, au Québec et à l’international, dont l’exposition collective P pour Palestine, présentée à Plein sud en 2024, ainsi que la rétrospective COZIC. À vous de jouer. De 1967 à aujourd’hui, présentée au Musée national des beaux-arts du Québec en 2019. Lauréate du prix Recension critique 2024 de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP), ses écrits ont été publiés dans plusieurs revues spécialisées et magazines. Elle a entre autres dirigé les monographies SHEEN-wah-ZREE, consacrée à l’artiste Karen Tam, et Residues, dédiée à Chih-Chien Wang.

Louise Déry (Ph. D. en histoire de l’art) est directrice de la Galerie de l’UQAM depuis 1997. Auparavant, elle a été conservatrice au Musée national des beaux-arts du Québec et au Musée des beaux-arts de Montréal ainsi que directrice du Musée de Rimouski. On lui doit une centaine d’expositions et autant de publications au Canada et à l’étranger consacrées à David Altmejd, Nancy Spero, Dominique Blain, Sarkis, Françoise Sullivan, Michael Snow, Jean-Luc Nancy, Enrique Ramírez, Saodat Ismailova et Emmanuelle Léonard, pour ne citer que ces exemples. Elle a obtenu plusieurs prix et distinctions, dont le Prix d’excellence de la Fondation Hnatyshyn pour le commissariat en art contemporain (2007), le Prix du Gouverneur général du Canada en arts visuels et médiatiques (2015), l’Ordre des Arts et des Lettres de France (2017), l’Ordre des arts et des lettres du Québec (2021) et l’Ordre national du Québec (2023).

clockCreated with Sketch.Date / heure

samedi 7 novembre 2026
12 h à 18 h
du 6 novembre au 16 janvier

pinCreated with Sketch.Lieu

Galerie de l'UQAM
1400, rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120
Montréal

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