Journée d'études: «L'expression de la violence à travers les langues et les cultures»

Le symposium GRÉLIA, prévu le 9 avril 2026, propose une rencontre scientifique consacrée à l’expression linguistique de la violence à travers les langues, analysée à la lumière des apports récents de l’intelligence artificielle. Cet événement vise à interroger la manière dont la violence se dit, se structure et se transmet par le langage, en fonction des contextes linguistiques, culturels, sociaux et institutionnels.

La violence, qu’elle soit physique, symbolique, institutionnelle ou verbale, ne se réduit pas à des actes observables. Elle s’inscrit aussi dans des formes discursives qui participent à sa compréhension, à sa normalisation ou à sa contestation. Le symposium s’appuie sur des travaux interdisciplinaires qui associent sciences du langage, sciences sociales, sciences de la santé et intelligence artificielle, afin d’analyser ces formes langagières dans une perspective comparée et appliquée.

Les communications s’organisent autour d’axes définis par aire linguistique et culturelle, permettant de mettre en évidence les spécificités et les convergences dans l’expression de la violence.

Un premier axe est consacré aux langues romanes, avec une attention portée aux processus d’explicitation, de qualification morale et de mise en récit juridique de la violence, notamment dans les discours judiciaires, médiatiques et institutionnels. Les analyses interrogent la manière dont les cadres normatifs influencent les choix lexicaux et syntaxiques, ainsi que la désignation des auteurs et des victimes.

Un second axe porte sur les langues sémitiques, avec un intérêt particulier pour les dimensions culturelles, historiques et religieuses qui traversent les discours de la violence. Les interventions analysent les usages de la métaphore, de l’implicite et de l’allusion, ainsi que les tensions entre normes sociales, prescriptions juridiques et expressions individuelles.

Un troisième axe est dédié aux langues germaniques, en explorant les formes de distanciation, de catégorisation et de rationalisation de la violence. Les travaux présentés examinent comment certaines constructions linguistiques contribuent à objectiver les faits, à techniciser les récits ou à déplacer la responsabilité, en particulier dans les contextes pénaux, administratifs et médiatiques.

Un axe transversal concerne les langues asiatiques, en mettant en lumière des formes de verbalisation où la violence peut être euphémisée, collectivisée ou intégrée à des cadres narratifs traditionnels. Ces analyses interrogent les limites des modèles automatiques face à des systèmes linguistiques et pragmatiques éloignés des standards occidentaux dominants dans les technologies de l’intelligence artificielle.

L’ensemble des axes mobilise des corpus multilingues de grande ampleur, comprenant témoignages, récits judiciaires, discours médiatiques, échanges numériques et productions narratives. Les modèles de langage issus de l’intelligence artificielle sont utilisés pour identifier les marqueurs linguistiques de la violence, croiser les niveaux d’analyse et comparer les régularités et les variations entre langues et cultures, tout en questionnant les biais, les angles morts et les enjeux éthiques de ces outils.

Le symposium GRÉLIA ambitionne de proposer une cartographie internationale des expressions linguistiques de la violence et de montrer comment les langues participent à structurer la perception, la compréhension et la mise en discours des phénomènes violents. En croisant langage, pouvoir et normes sociales, cet événement entend renforcer le dialogue entre disciplines et ouvrir de nouvelles perspectives pour l’analyse comparée des discours criminels, sociaux et cliniques dans un contexte globalisé.

Problématique

Comment la langue, en tant que système culturel et phénomène social, sert-elle à la fois de vecteur à la violence identitaire (discrimination, stigmatisation) et d’espace de résistance où la violence subie est verbalisée et réappropriée par les locuteurs marginalisés ?

Axes d’analyse

Pour répondre à cette problématique, notre événement s’articulera autour de deux axes de réflexion :

  • Discours de haine et micro-agressions : À travers un corpus de discours contemporains (médias sociaux, débats politiques, etc.), nous examinerons les mécanismes par lesquels la langue est employée pour formuler des actes de violence verbale ciblés, visant à exclure ou altérer l’identité de « l’Autre ».
  • Subversion et réappropriation langagière : Nous mettrons en lumière la manière dont les communautés minorisées utilisent une langue comme arme de contre-violence verbale et de résilience. Nous étudierons des phénomènes tels que le reclaiming (réappropriation d’insultes) et la création de contre-discours qui redéfinissent l’identité face à l’oppression.

Méthodologie

L’étude s’appuiera sur une approche pluridisciplinaire croisant l’Analyse Critique du Discours (CDA – Critical Discourse Analysis de Norman Fairclough), la sociolinguistique interactionnelle et les études postcoloniales.

clockCreated with Sketch.Date / heure

jeudi 9 avril 2026
9 h à 13 h

pinCreated with Sketch.Lieu

UQAM - Pavillon Judith-Jasmin (J)
J-2805 (Salle des boiseries)
405, rue Sainte-Catherine Est
Montréal (QC)

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